Le Portel le 8 septembre 1943  

Musique de Vincent Scotto (Sous les ponts de Paris)

 Paroles de Louis Cousin

 

Dans un creux de falaise, un tout petit pays

Au cœur de la fournaise semblait vraiment verni.

De tous côtés, sans arrêter,

Jour et nuit descendaient les bombes.

Mais en  trois ans, les habitants

N’avaient ouvert que quelques tombes.

 

Hélas, un soir d’été, les bombardiers alliés

Sont venus semer la mort, la panique

De not’pays ne laissant que des briques.

Par trois fois en douze heures, les grands quadrimoteurs

Nous survolèrent en lâchant leurs engins,

Quel terrible destin !

 

Pourtant, depuis des semaines,

On voulait qu’les Anglais débarquent sans qu’ça traîne

Sur l’ littoral français. Mais on a vu qu’on a perdu

Dans ces quelques heures d’angoisse.

Et maintenant, on est tremblant

Chaque fois que les avions passent.

 

Car, par un soir d’été, les bombardiers alliés

Sont venus semer la mort, la panique

De not’pays ne laissant que des briques.

Blottis dans les abris, hommes, femmes et petits

Imploraient Dieu en disant leur chap’let :

« Seigneur, éloignez-les ! »

 

Maint’nant, dans des villages, on est tous dispersés,

Mais, cet affreux carnage revient à la pensée.

Loin du pays, on est parti,

Le cœur serré, l’âme en détresse.

Malgré cela, on n’oublie pas

Nos joies et toutes nos tristesses.

 

Si L’Portel est détruit, ses habitants enfuis,

Son cœur est sorti vivant des décombres

Et quand nous revivrons des jours moins sombres,

On reverra les bals, l’ducasse et l’carnaval*,

Mais le 8 septembre 1943

On ne l’oubliera pas !

 

 

 

*La ducasse et le Carnaval jouent un rôle important dans la vie des portelois. Pour en savoir plus, cliquez ici